Test Forza Motorsport 4

Publié le par Dragon d'Ambre

               Après un Gran Turismo 5 décevant, les fans de simulation automobile sur console de salon attendaient la dernière déclinaison du bébé de Turn 10 avec une certaine anxiété. Avec l'annonce de petites nouveautés comme l'introduction de Kinect et le fameux mode Autovista, certains craignaient que la série phare de la Xbox 360 ne se tourne trop vers le casual gaming. Mais après quelques tours de piste, force est de constater que le nouvel étalon de la simulation auto se trouve maintenant dans le giron de Microsoft.   
 
 

THE WORLD IS NOT ENOUGH    

  FM4

              Si les précédents volets de Forza étaient généralement plutôt généreux en terme de contenu, ce quatrième opus fait encore mieux et propose une durée de vie dantesque. En effet, son mode Carrière sobrement intitulé World Tour repose sur un système simple mais efficace. Découpé en 10 saisons de plusieurs manches chacunes, il donne le choix à chaque étape de courir sur un circuit donné dans trois classes de véhicule différentes. Le joueur peut donc opter pour l'épreuve en fonction du type de voiture qu'il a envie de piloter. Ce mode est déjà assez long en soit, mais le joueur peut également choisir librement  parmi une liste impressionnante de 290 épreuves pouvant elles-mêmes se subdiviser en plusieurs courses (jusqu'à 12). Des chiffres qui donnent le tournis et assurent une durée de vie colossale au titre rien que pour le mode solo.
 
               Comme types d'épreuves, hormis les classiques courses sur circuit, on trouve également des défis consistant à renverser des quilles de bowling, d'autres à slalomer entre des cônes, des courses de dépassement de véhicules plus lents, et des courses multiclasses entre autres. Autant dire qu'il y en a pour tous les goûts et que l'on peut varier les plaisirs pour éviter la monotonie. Peu de nouveautés en revanche en ce qui concerne les circuits, on en perd même quelques uns depuis FM3 au profit d'un tracé fictif ayant pour cadre les Alpes, de l'arrivée du circuit Top Gear partenaire de Turn 10, et enfin Infineon Raceway et Indianapolis. Ce sont au total 27 pistes que l'on peut arpenter dans plusieurs déclinaisons.
 
FM4
 
                Au niveau des modèles proposés, on en compte à l'heure actuelle plus de 550, Turn 10 venant grossir la liste chaque mois en proposant en moyenne dix nouvelles voitures par DLC. Cela peut paraître peu par rapport aux 1000 bolides alignés par Gran Turismo 5, mais contrairement à son concurrent, Forza 4 a fidèlement reproduit chaque modèle, y compris l'habitacle. Turn 10 a donc ici privilégié la qualité à la quantité pour un résultat bien plus homogène. Tout ceci est réparti entre les 90 constructeurs présents, les choix étant demeurés classiques de ce côté là avec les incontournables bien présents. Tout juste pourra-t-on regretter l'absence de Porsche faute de licence, remplacée par les modèles du préparateur RUF en guise de consolation. Un autre petit bémol en ce qui concerne certaines redites de voitures identiques seulement différenciées par une peinture et un numéro.
 
               Un autre petit changement par rapport à l'opus précédent réside dans l'ajout d'un niveau d'affinité avec chaque constructeur en sus de l'habituel niveau de pilote. En effet, le premier augmente à chaque fois que l'on finit une épreuve avec une voiture d'une marque, octroyant un bonus de crédits à chaque pallier et permettant également à très court terme de ne plus payer les améliorations des voitures de la marque. Quand on sait que le niveau de pilote est de 150 au maximum (la montée en level donnant une voiture cadeau dans les premiers niveaux et de l'argent ensuite) et que celui d'affinité est de 50 avec chaque constructeur, là encore, il y a de quoi faire sur le long terme pour qui voudra finir le jeu à 100%. Enfin, des titres et des badges permettant de customiser sa carte de pilote visible par tous rajoutent encore à l'aspect collection du titre.         
 
 
VIVA L'AUTOVISTA
 
 
          Une des plus "grosses" nouveauté de cet épisode réside dans l'utilisation de Kinect. Ce dernier est présent de plusieurs manières. La première consiste à pouvoir jouer une course en mimant le volant de la voiture avec ses mains, il suffit alors de faire une rotation de ses bras pour tourner. Autant le dire tout de suite, ceci relève plus du gadget qu'autre chose. En effet, l'accélération et le freinage de la voiture sont gérés automatiquement et l'on se contente de contrôler la direction, certes de façon assez bien retranscrite, mais franchement anecdotique en terme d'efficacité, même pour les plus casuals.
 
             Toujours en course, cette fois on peut configurer Kinect en mode head tracking, ou suivi de la tête pour les non anglophones. Concrètement cela permet d'utiliser les mouvements de sa tête pour regarder à l'intérieur de l'habitacle ou, plus utile en course, pour regarder de chaque côté de la voiture. Là encore cela répond bien et sans latence mais peut se révéler gênant sur le long terme car on est obligé de garder la même position pour ne pas sortir du champ de la caméra. La reconnaissance vocale de l'appareil de Microsoft est également gérée par le jeu, permettant de naviguer dans les menus en donnant des mots-clé simples. Sympathique mais pas franchement indispensable non plus.
 
FM4
 
               Enfin la dernière utilisation de Kinect est liée au nouveau mode Autovista fort sympathique. Il permet de faire le tour d'un bolide avec une inter-activité quasi totale. On peut ainsi ouvrir les portières, le capot, se mettre au volant, tourner le contact, etc... Des descriptions audio sont également intégrées avec les commentaires sans concession du célèbre Jeremy Clarkson de l'émission Top Gear. Malheureusement seulement 27 véhicules peuvent être utilisés dans l'Autovista, dont deux bonus. A noter qu'il est également possible d'utiliser la manette à la place du capteur de mouvement.   
     
FM4
 
               Comme pour le reste du jeu dans sa globalité, les graphismes et la qualité de reproduction des voitures sont vraiment excellents. Le rendu extérieur est très bien retranscrit, mais c'est surtout le niveau de détail de la vue cockpit qui impressionne. Contrairement à GT5, Turn 10 n'a pas voulu inclure de changements de météo ou de courses nocturnes pour garder un taux d'images par seconde constant. Pari réussi à ce niveau, le jeu étant d'une fluidité exemplaire. Un gros travail a également été fait sur les jeux de lumière et les ombres, certaines courses pouvant ainsi se jouer à différentes heures de la journée. Une course à l'aube ou à midi ne se livre pas dans la même luminosité, certains passages pouvant même éblouir le joueur si le soleil se trouve pile dans son axe de vision.            
 
 
 
THE SPEED MUST GO ON
 
  FM4
              
              Le gameplay de FM 4 a relativement peu changé par rapport à son aîné. Le joueur dispose toujours d'un grand nombre d'aides à la conduite qu'il peut choisir ou non d'utiliser. Cela permet au joueur d'adapter la difficulté de pilotage à son niveau. Avec toutes les aides activées, on se retrouve presque devant un jeu arcade alors qu'à contrario une fois toutes les aides désactivées, on se rapproche beaucoup d'une vraie simulation pointue et réaliste. On gagnera plus ou moins de crédits à la fin des courses selon le nombre d'aides utilisées, ce qui récompense les joueurs audacieux sans pour autant léser ceux qui optent pour plus de confort. De plus Turn 10 a aussi inclus la déformation des pneumatiques en temps réel, ce qui rajoute encore en sensations de pilotages. Le maintenant classique rembobinage permettant de revenir en arrière durant une course est toujours de la partie et toujours optionnel, ce qui renforce encore une fois la liberté du joueur.                                           
 
               Les dégâts sont là eux aussi et plutôt bien retranscrits dans l'ensemble. De la simple éraflure au crash violent, tout est visible et la déformation des véhicules en temps réel satisfera les puristes. Une petite incohérence tempère un peu l'enthousiasme dans le fait de pouvoir réparer un moteur lors d'un arrêt au stand mais pas les éléments aérodynamiques. Dommage, surtout quand on voit l'importance de ceux-ci en terme de vitesse de pointe et d'adhérence du véhicule. Un autre élément important passé à la trappe dans cet épisode est celui des courses d'endurances. Présentes dans FM3 mais étrangement oubliées dans Forza 4, de quoi décevoir pour un titre aussi pertinent en terme de simulation.
 
              Deux ajouts d'importance viennent par contre enrichir le pendant online du jeu. Tout d'abord l'adjonction d'un système de clubs disposant de sa propre interface. Concrètement il permet à des joueurs de se regrouper au sein d'un club automobile, de partager des voitures dans un garage commun et pouvoir courir ensemble. Un plus indéniable quant à l'aspect communautaire du soft. L'autre grande nouveauté online est le mode Rivaux. Il propose différents types d'épreuves (drift, drag, autocross, contre la montre, etc...) ayant chacune des conditions particulières. Chacun peut y défier un Rival choisi parmi sa liste d'amis, les membres de son club ou le classement général pour tenter de battre son temps ou ses résultats. Là où cela devient intéressant c'est que cela permet de gagner beaucoup de crédits et que chaque mois de nouveaux défis sont mis en ligne par Turn 10. On se laisse facilement prendre au jeu pour tenter de battre ses amis (ou ses ennemis).
 
R8 FF sephirot
 
              En ce qui concerne le contenu online, la salle des ventes servant à vendre et acheter des voitures aux enchères est de retour une nouvelle fois. Il en va de même pour les vitrines des joueurs donnant la possibilité de partager ses ralentis, ses photos, ses réglages mais également les peintures permettant de personnaliser son bolide comme bon nous semble. L'aspect communautaire de Forza impressionne une nouvelle fois par la richesse de son contenu et par sa liberté de customisation. Aucune voiture ne ressemble à une autre, et il est toujours agréable d'arborer sa plus belle création dans les courses en ligne.
 
         Pour ce qui est de ces dernières, les différents mode de jeu présents dans le précédent volet sont toujours de la partie : drift, drag, course par étapes, course sur circuit, course sur ovale, et des modes plus loufoques comme le chat et la souris et le football (jouer au foot avec des voitures et un ballon énorme donne droit à de sérieuses parties de rire) pour ne citer qu'eux. Le contenu est donc encore une fois bien présent et rallonge encore la durée de vie pharaonique du titre, mais un gros carton rouge doit cependant être adressé à Turn 10.
 
FM4
 
              FM4 propose maintenant des courses en ligne jusqu'à 16 joueurs, soit deux fois plus que son prédécesseur. L'intention est louable mais malheureusement on se rend vite compte que ça fait peut être un peu trop pour nos vieilles Xbox. Depuis sa sortie, le jeu en ligne souffre en effet de gros bugs et plantages à répétitions, surtout à certaines heures correspondant aux pics de connexions européens et américains. Turn 10 est conscient du problème mais ne semble pas vouloir sortir de patch de sitôt, et les joueurs se demandent si le problème sera réglé un jour. Dommage pour un jeu de cet ampleur qui aurait mérité un meilleur suivi, Gran Turismo 5 s'étant bien mieux débrouillé de ce point de vue.
                                      
    
 
LES + LES -
  • Un contenu et une durée de vie énorme
  • L'aspect communautaire
  • La personnalisation poussée
  • La nouvelle référence des simulations
  • Des nouveautés "gadgets"
  • Les courses en ligne mal optimisées
 
 
16/20 :  Forza Motorsport 4 s'impose actuellement comme la nouvelle référence de la simulation automobile sur consoles de salon. Dôté d'un contenu très riche et très travaillé, il est également le seul à proposer une personnalisation aussi poussée et un aspect communautaire aussi complet. Sans l'absence des courses d'endurance et ses problèmes récurrents en multijoueurs, il aurait mérité deux ou trois points de plus. Néanmoins, force est de constater que les géniteurs de Gran Turismo ont cédé la place de leader au profit de Forza Motorsport et Turn 10.
 

Publié dans Xbox 360

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