Test Vagrant Story (PSN)

Publié le par Dragon d'Ambre

               Sorti en 2000 à la toute fin de l'ère Playstation première du nom, Vagrant Story est sans conteste un chef d'oeuvre du RPG. Créé par Matsuno, papa de Tactics Ogre, FF Tactics et FFXII (excusez du peu), le jeu poussait la vieillissante console de Sony dans ses derniers retranchements et proposait une richesse et une originalité proprement hallucinante pour l'époque. Même encore aujourd'hui, Vagrant Story n'a (presque) pas pris une ride avec sa réédition sur le PSN. Retour sur un monument du RPG.
 
 
 
DARK FANTASY
 
 
                En ce tout début de nouveau millénaire, Square (n'ayant pas encore fusionné avec Enix), est un réel mastodonte sur le marché des jeux vidéo, grâce notamment à ses Final Fantasy. Avec les ventes impressionnantes de leur série phare depuis le septième épisode, la sortie de Vagrant Story est passée quasiment inaperçue à l'époque, si bien que le jeu reste encore aujourd'hui trop méconnu du grand public. Heureusement Sony propose une version téléchargeable du soft sur le Playstation Store. De quoi se rattraper pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de se plonger dans cette aventure sombre, mature et mystérieuse.
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                 Le scénario de Vagrant Story est une véritable bombe pour l'époque. Loin de la simplicité voire parfois de la niaiserie de certains J-RPG, l'histoire du jeu est adulte, sombre et complexe. Bénéficiant de plusieurs niveaux de lecture, le synopsis ne dévoile ses dernières cartes qu'à la toute fin du jeu. Plus encore, il est possible de l'interpréter de différentes manières et les visions multiples des joueurs montre toute la profondeur de l'univers proposé par Matsuno et son équipe. Une telle densité que même en recommençant plusieurs fois le jeu nous pouvons encore trouver de nouveaux éléments de réflexion ou de compréhension.
 
                 Le joueur incarne donc Ashley Riot, membre des Riskbreakers, force d'élite des troupes royales. Il est chargé d'enquêter sur les liens entre une secte dirigée par le mystérieux et dangereux Sydney et le Duc Bardora, membre du Parlement. Lancé immédiatement dans l'action par une introduction épique et somptueuse, Ashley se rend au manoir du Duc attaqué par Sydney et ses adeptes et se retrouve très vite entraîné dans les profondeurs de la cité maudite de Léa Mundis. Hanté par une tragédie personnelle, Ashley découvrira peu à peu la vérité sur son passé et sur les événements dans lesquels il a été plongé.
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                  A ce pitch de départ viennent se greffer de nombreux éléments. De nombreux thèmes très noirs et adultes sont abordés par le soft. Complots, occultisme, fanatisme religieux, lutte pour le pouvoir, l'immortalité et bien d'autres encore. Une abondance qui risque de perdre ou tout au moins désorienter certains joueurs, mais comme dans le génial film Usual Suspects, la fin du jeu débloque d'un coup toutes les clés du scénario. Nous sommes donc en face d'une histoire intelligente, et brillamment mise en scène grâce à une technique magistrale pour l'époque.
 
 
 
LE HUITIEME ART
 
 
                 Tous ceux ayant joué à un Final Fantasy connaissent le savoir-faire et la maîtrise de Square en ce qui concerne l'aspect technique de leurs productions. Vagrant Story ne déroge pas à la règle même si on y trouve des éléments qui lui sont propres. Ici pas de cinématiques en image de synthèse comme Final Fantasy VII nous y a habitué, mais des cutscenes utilisant intégralement le moteur du jeu en 3D. Rappelez vous, nous sommes sur la première Playstation et on pourrait craindre le pire. Mais que nenni, grâce à un travail artistique remarquable et l'exploitation maximale de la console en fin de vie, on se retrouve avec un jeu beau à tomber et certainement le plus abouti graphiquement.
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                 Les cinématiques sont donc magnifiques, dotées d'une réalisation pêchue et très cinématographique. Les mouvements de caméra et les plans renforcent le côté épique de l'aventure, notamment lors de la rencontre avec les nombreux boss du jeu dont certains sont d'une taille colossale. On se sent vraiment plongé dans l'action, surtout que la musique vient également rajouter à l'héroïsme et à l'ambiance fantastique du jeu. Les fans des FF reconnaîtront d'ailleurs sûrement le thème des boss de Vagrant Story que l'on retrouve dans certains passages de FFXII.
 
                  Les développeurs ont également emprunté à la BD dans la conception du jeu. En effet, l'implémentation des voix étant encore balbutiante sur cette génération de console, les dialogues des personnages sont ici représentés dans des bulles très stylées et permettant certains effets au service de la réalisation. On retrouve encore une fois un souci du détail et de la perfection propre à Matsuno. Souci du détail poussé jusqu'au repérage d'édifices médiévaux à Paris et Saint-Emilion pour aider à la conception du monde méd-fan de Vagrant Story.
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                  Comme tous les autres aspects du jeu, les décors sont également très travaillés. La 3D permet de tourner librement la caméra et de bénéficier de deux niveaux de zoom en plus d'une vue subjective permettant d'apprécier le sens du détail. Les lieux sont vastes, parfois labyrinthiques, et certains endroits ne sont accessibles qu'après avoir fini le jeu une première fois. Si on ajoute des effets lumineux magnifiques qui titillent la rétine lors du lancement de certains sorts, on se retrouve avec un titre à la direction artistique parfaitement maîtrisée qui n'a pas vraiment souffert du passage du temps.
 
 
LE CHEVALIER ERRANT
 
 
                    Côté gameplay, on se retrouve avec un titre complètement atypique à l'époque de sa sortie et dont la profondeur étonne encore aujourd'hui. Ici pas de tour par tour à la FF mais un système de combat un peu hybride. Lorsqu'on dégaine son arme, une sphère de portée apparaît alors à l'écran. Tout ennemi à l'intérieur de cette sphère peut être ciblé et l'on choisit sur quelle partie de son corps. Un ratio dégâts/chance de toucher nous permet de faire le choix le plus adapté et l'on peut ensuite enchaîner des coups en appuyant sur les touches avec le bon timing. D'autres éléments complexifient et densifient le système de combat : il est possible d'attribuer ses attaques/défenses sur trois touches, de réaliser des combos si on enchaîne les attaques avec le bon timing, et une jauge de Risk augmentant à chaque coup porté nous donne de moins en moins de chance de toucher l'ennemi. Si on ajoute le système des sorts et des Break arts ( attaques spéciales propres à chaque type d'arme), vous commencerez peut être à saisir la profondeur du système de combat.
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                   Même si les affrontements occuperont la plus grosse partie de votre temps, il est un autre élément qui risque de vous occuper longtemps. La collecte d'items et la forge. Ashley peut s'équiper de nombreuses pièces d'équipements avec un système d'affinité aux éléments et aux types d'ennemis. Il peut les trouver dans les nombreux coffres disséminés dans le jeu, mais là où ça devient intéressant c'est qu'il peut créer ses propres armures et armes grâce aux forges. Concrètement, il est possible de fusionner ou d'assembler et renforcer ses armes/armures. Autre particularité intéressante : à chaque fois qu'on utilise une même arme contre un type d'ennemi particulier, on augmente le potentiel de dégâts de cette dernière contre ceux-ci. Pour être le plus efficace possible, il faut donc avoir une arme pour chaque catégorie d'ennemis : une contre les humains, une contre les dragons, etc... La forge est donc une partie primordiale et passionnante de Vagrant Story. Créer sa propre épée à deux mains et l'appeler Glamdring ou Excalibur, ça n'a pas de prix.
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                  Et si certains ne sont pas encore convaincus de la richesse exceptionnelle du jeu, on peut ajouter qu'une composante plate-forme est également présente, avec des sauts à négocier, mais aussi une partie puzzle avec des énigmes à base de cubes. Seuls quelques petits défauts inhérents à l'époque de sortie du jeu viennent égratigner sa quasi perfection : un didacticiel uniquement sous forme écrite dans le menu de jeu ( indispensable pour bien appréhender tous ses mécanismes ) et une navigation dans les menus rendue pénible à cause du changement d'arme fréquent. Mais pas de quoi entacher cette expérience hors du commun.
 
 
 
 
LES + LES -
  • Une ambiance incomparable              
  • Un scénario prenant et dense              
  • Une réalisation sans faute              
  • Un gameplay riche et profond              
  • Un tutoriel peu pratique              
  • Une navigation pénible dans les menus              

20/20 : Même si la perfection n'est pas de ce monde, Vagrant Story fait partie des quelques jeux qui marquent la vie d'un joueur. Trop peu connu et presque boudé lors de sa sortie, il est un titre auquel tout amateur de RPG se doit d'avoir joué. Poussant les capacités de la vieille Playstation dans ses derniers retranchements, il n'a pas à rougir face aux jeux d'aujourd'hui grâce à une direction artistique confinant au sans faute. D'une richesse et d'une profondeur rares, Vagrant Story est un jeu culte, tout simplement.

Publié dans Playstation 3

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Dragon d'Ambre 06/10/2012 17:24

Effectivement, petite coquille passée inaperçue lors de la relecture pour la parenthèse.

En ce qui concerne les musiques, j'ai plus les passages exacts en tête depuis le temps, mais lors d'affrontements contre certains dragons de FF12 on retrouve le thème de Vagrant, un peu
retravaillé.

Ce n'est pas étonnant car le compositeur est le même^^.

Nanatsu 06/10/2012 10:25

Sans conteste, un test bien travaillé et proprement écrit... j'imagine que tous tes articles sont de cette qualité.

Une phrase m'intrigue: "les fans des FF reconnaîtront d'ailleurs sûrement le thème des boss de Vagrant Story que l'on retrouve dans certains passages de FF XII"... vraiment ?

Enfin tu fermes une parenthèse, dans le premier paragraphe sous "le chevalier errant", sans l'ouvrir au préalable.